From dust to grace
23 mai 2020
 
 
 
34.504 kilomètres. Presque la circonférence de notre planète. Un voyage de dix mois aux confins de l'Europe et même au-delà. Les rencontres y seront surement fugaces et éphémères. Comment capturer les visages, les histoires de vies de ces personnes rencontrées sur mon chemin ? Stephen Shore disait qu'une photographie avait des bords mais que le monde n'en avait pas. Les bords séparent ce qui est dans l'image de ce qui n'y est pas. Le portrait photographique ne serait-il alors qu'une réduction approximative d'une réalité qui nous domine ?

Il faut ainsi s'abandonner. Le voyage n'a de sens que lorsqu'on ignore sa destination. Il en sera de même concernant mes prochaines rencontres. J'essaierai simplement de poser mon regard sur ces étrangers qui croiseront aléatoirement mon chemin. Un caravanier au sud Maroc, un dresseur de chevaux hongrois, ou un surfeur basque à l'échauffement ; De simples témoignages visuels d'une diversité que seul le voyage sait offrir. Le spectateur aura alors le choix de demeurer extérieur à la vue de ces photographies ou au contraire de s'y reconnaître, de s'y confondre jusqu'à leur conférer une banalité poétique peut-être involontairement recherchée...