Portraits sans visages
31 mai 2020
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Isles of Eigg


-Charles Delcourt-


Située sur la côte ouest de l’Écosse, Eigg est une petite île des Hébrides intérieures. Il y a 20 ans les habitants se sont rendu célèbres en rachetant leur joli rocher. Lassés par la succession de landlords aux multiples promesses, les habitants d’Eigg ont réussi, grâce à des financements divers et une belle histoire, à devenir propriétaires de leur île. Ce rachat a permis aux insulaires de reprendre en main le destin de l’île.
L’un des premiers travaux de la communauté a été la construction d’une jetée permettant enfin de relier l’île au reste du pays et d’en favoriser son développement.
En 2008, les habitants réalisent une première mondiale en lançant leur propre système électrique alimenté grâce aux énergies solaire, éolienne et hydro-électrique. L’île produit ainsi 100% de son électricité à partir d’énergies renouvelables.
Non seulement les jeunes insulaires reviennent pour y vivre, mais l’île devient l’endroit où ceux qui le souhaitent peuvent s’installer facilement et réaliser leurs rêves.
Aujourd’hui la communauté est composée de personnes d’âges, de parcours et d’origines différents avec comme point commun un certain amour pour l’île. Tout ce petit monde (105 personnes en 2018) vit en harmonie le long de l’unique route de l’île.
Le paysage est également préservé : les déplacements se font principalement à pied ou à vélo, les touristes n’ont pas le droit de venir avec leur propre véhicule. Les résultats de la reforestation menée par les bénévoles et le National Trust sont déjà visibles.
L’activité économique se développe, on trouve aujourd’hui une brasserie, des équipements touristiques, de la vannerie, des festivals de musique, résidence artistiques, traiteurs bio, etc... En 2018, Eigg a fêté ses 20 ans d’autogestion avec un bilan très positif.
Ce travail photographique s’attarde sur cette petite société et tente de restituer l’ambiance des lieux à travers ses habitants. Un portrait pluriel d’une communauté solidaire qui évolue à contre-courant du devenir « classique » de beaucoup de ces endroits isolés.